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Yves Racine

Dr Yves RACINE (1928 - 1983)

Yves Racine est né le 16 novembre 1928 au Faouët où son père excerçait la profession d'huissier de justice jusqu'en 1946.
Il fait ses études primaires au Faouët, puis secondaires dans plusieurs établissements du fait de la guerre (lycées de Rennes, Quimper et Pontivy, collège de Langonnet). Il passe son baccalauréat au collège des Jésuites "Saint François Xavier" à Vannes.
Ensuite il entreprend des études de médecine à Rennes, puis à Paris.
Interne à l'Hôpital Psychiatrique de La Rochelle, puis à Saint Alban en 1957, et enfin à Ville Evrard.
Médecin des Hôpitaux psychiatriques en 1958, il prend son premier poste de médecin-chef à l'Hôpital Colson à la Martinique.
Nommé médecin-chef à l'Hôpital de Saint Alban (Lozère) en 1959, il en prendra la direction - à la suite de Tosquelles - de 1963 à 1972.
A l'hôpital de SAINT-ALBAN Yves RACINE a su développer et enrichir la réflexion menée depuis plusieurs décennies par des pionniers : les docteurs BALVET, BONNAFE, TOSQUELLES, GENTIS; RACINE lui-même y participa dès 1957.
Cet hôpital psychiatrique, perdu en pleine Margeride, était devenu à la faveur de la guerre et de l'occupation une véritable plaque tournante où se préparaient des actes de résistance, où venaient se réfugier des clandestins comme Paul ELUARD, où se produisait de par la rencontre avec tous ces gens qui arrivaient, comme TOSQUELLES avec son statut de réfugié politique, un énorme brassage d'idées, où l'on remettait en cause parallèlement l'univers concentrationnaire nazi et le monde carcéral dans lequel on maintenait le fou. C'est de ce creuset que naquit dans les années 50 la "Psychothérapie Institutionnelle" qui se propose, pour être bref, d'instituer des lieux de parole et d'échanges dans lesquels une écoute analytique est susceptible de permettre l'émergence du sens, là où la déraison et les contre-attitudes qu'elle suscite se conjuguent pour rendre la parole insignifiante.
Yves RACINE était maître dans l'art de pointer dans le discours institutionnel le mot ou le geste chargé de sens qui soudain révélait ses multiples connotations sous un coup de projecteur laconique. Maître aussi dans l'art de débusquer les formes que prenait l'aliénation, même sous les meilleures intentions des soignants ou de l'administration, et de mettre en place des contre-feux et des contre-pouvoirs. C'est ainsi qu'il institua la Banque des Malades - qui fit école - dans la continuité de ses travaux et de sa réflexion sur "l'argent et les échanges à l'hôpital psychiatrique" (Editions Scarabée); qu'il institua également l'Association Culturelle du Personnel qui permit aux soignants de renforcer leur identité culturelle et de faire prendre en compte leur inscription dans le système de production et de consommation de soins au sein de l'hôpital.
En tant que directeur de cet hôpital, il s'est toujours engagé à fond (jusqu'à engager sa responsabilité personnelle) pour que la valeur du soin infirmier soit reconnue.
Il a consacré les dernières années de sa vie à la pédo-psychiatrie et à transposer cette réflexion au niveau du Secteur de Psychiatrie Infanto-Juvénile qui pour lui était un lieu de recours pour l'enfant et un outil de désaliénation pour les institutions qui accueillent les enfants. C'est ainsi que dans les quartiers du XIXème Arrondissement à PARIS il fit en sorte que des éducateurs s'intègrent dans des groupes d'adolescents :
"Il analysa avec eux les multiples avatars de leurs relations, en extrayant une réflexion riche sur la prévention des troubles au cours de l'adolescence. il permit aussi que les adolescents fassent d'un lieu de rencontre une structure à expérimenter la démocratie, à exprimer la condition de chacun. Cette méthode qui respectait d'abord la sous-culture de cette classe d'âge devait déboucher rapidement sur un abord groupal où l'expérience acquise à l'hôpital, de relations aliénantes, devenait un outil d'analyse remarquable." (Dr TONNELIER)
Au moment où la doctrine officielle de promotion des alternatives à l'hospitalisation reprend, non sans arrières- pensées économiques, les thèses de la psychiatrie militante de secteur, il n'est peut-être pas vain de rappeler cette mise en garde de RACINE écrite dans son dernier article publié deux mois avant sa disparition, le 28 juin 1983. Je cite :
"Le morcellement des instruments de soins sectoriels est délibérément recherché par certains qui y voient une prévention vis-à-vis de la pathologie des grandes concentrations, une façon de mieux fondre (camoufler ?) la folie dans le tissu social ambiant. Noble lutte antiségrégative à laquelle ne saurait se borner la psychiatrie. Il faut se garder de les soupçonner de diviser pour mieux régner, en rappelant seulement que les asiles avaient été créés pour supprimer les petites maisons mal contrôlées et ainsi mieux protéger les malades. La question n'est peut-être pas là, du moins pas encore, bien que certaines expériences américaines ou italiennes lui donnent un regain d'actualité." (fin de citation)

J'en reste là pour cette évocation.

Présentation : Dr Maurice Bonabesse

Bibliographie

Argent et échanges à l'H.P., Editions du Scarabée, (C.E.M.E.A.)

Introduction au maternage,  Editions du Scarabée, (C.E.M.E.A.), 1972

A propos de l'alimentation des malades
L'information psychiatrique n°10 - Décembre 1964,
P 827-828

Drogue, médicament et prescription
L'information psychiatrique n°7 - Juillet 1964,
P 471-483

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