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Naissance et développement de la psychothérapie

La Psychothérapie est pratiquement entrée dans sa phase expérimentale sous le nom de magnétisme animal à la fin du XVIIIème avec MESMER

MESMER (1734-1815) Le magnétisme animal

Arrive à Paris en 1778 à la suite d'un scandale provoqué par la famille d'une jeune patiente claveciniste aveugle et sans doute hystérique, ce qui l'oblige à quitter Vienne.

Propage à PARIS ses théories sur l'existence d'un fluide universel, le magnétiseur, en provoquant des crises convulsives, effectue une redistribution harmonieuse du fluide d'où l'effet curatif.

MESMER croyait présenter une théorie physiologique apparentée à celle de l'électricité ou de l'aimantation. Il agissait par des manipulations directes (attouchements, passes magnétiques) ou bien procédés indirects, le célèbre "baquet" dans des séances collectives. Il s'adjoint un "valet toucheur", utilise quatre baquets dont l'un est réservé aux pauvres. Il magnétise un arbre dans la rue de Bondy.

MESMER avait fait construire plusieurs répliques de son fameux baquet. Le seul exemplaire qui en subsiste, illustré ci-contre, se trouve au Musée d'histoire de la médecine à Lyon.

→ Création de deux commissions d'enquête par LOUIS XVI

1784: Commissions où siègent des sommités scientifiques.

→ Les deux rapports condamnent le magnétisme animal en niant l'existence de tout fluide. "L'imagination sans magnétisme produit des convulsions, le magnétisme sans l'imagination ne produit rien " (Rapport 1784).

Dans un rapport secret, BAILLY insiste sur les dangers de l'érotisme dans la pratique du magnétisme : "Le traitement magnétique ne peut être que dangereux pour les moeurs".

MESMER quitte la France en 1784 après verdict des commissions.

→ Discussions passionnelles se succèdent devant les Académies jusqu'à ce que les corps savants concluent à l'inexistence du magnétisme animal et décident de ne plus s'en occuper, en 1840.

PUYSEGUR (1751-1825)
Elève le plus réputé de MESMER.

Découverte du somnambulisme magnétique (c'est-à-dire provoqué ou artificiel).

Charles DE VILLERS (Genève 1787)
Auteur d'un roman intitulé "Le magnétiseur amoureux "

DELEUZE ( 1753- 1835)
Elève de PUYSEGUR

1819 : "Défense du magnétisme animal"
1825 : "Instruction pratique sur le magnétisme animal"

James BRAID
Alors que le terme magnétisme animal est abandonné, l'Ecossais James BRAID introduit celui d' "hypnotisme" du grec hypnos = sommeil.

Ce chirurgien de Manchester, qui ne voyait que supercherie dans le magnétisme, se convainc en 1841 de la réalité des phénomènes qu'il observe lors d'une représentation publique faite par LAFONTAINE, magnétiseur renommé.

  • conclut à l'inutilité des passes qu'il remplace par une technique consistant à fixer du regard un objet brillant.
  • récuse la théorie fluidique, la remplace par une théorie "psychoneuro-physiologique " = une stimulation physico-psychique de la rétine agit sur le système nerveux du sujet et produit un "sommeil nerveux" appelé par BRAID : "hypnotisme"
  • admet les idées de GALL ( 1758- 1828), phrénologue qui voyait dans le cerveau un assemblage de parties distinctes, chacune d'elles correspondant à une affection, à un instinct.

BRAID expérimente le "phréno-hypnotisme" en appuyant sur telle ou telle région du crâne, région qu'il tenait pour le siège de tel sentiment.

Travaux de BRAID : peu d'échos dans son pays, même une certaine hostilité. Ce sont des médecins français comme AZAM, BROCA, VELPEAU qui prêtèrent le plus d'attention.

Le chirurgien bordelais AZAM employa l'hypnotisme comme méthode d'anesthésie.

Paul BROCA pratique à l'hôpital Necker une opération sous anesthésie hypnotique dont il rend compte devant l'académie des Sciences le 5 Décembre 1859.

Dès 1839, Jules CLOQUET avait procédé à l'ablation d'un sein cancéreux chez une patiente placée en état d'anesthésique "somnambulique"

Cependant , l'apparition du chloroforme, considéré comme plus sûr, met fin à la vague de l'anesthésie hypnotique.

LIEBAULT (1823- 1904)

  • s'intéresse à l'hypnotisme dès le début de son internat en 1848,
  • dissuadé par ses maîtres de s'engager dans cette voie qui pourrait être nuisible à sa carrière.

1850 : s'installe comme médecin de campagne près de Nancy.

1860 : ses débuts dans la pratique de l'hypnose
→ railleries de ses confrères
→ abandon de la médecine classique, commence à traiter ses malades, en général pauvres, gratuitement par des procédés hypnotiques
→ LIEBAULT arrive à la conclusion que ça n'est pas l'action physique qui constitue le facteur hypnotisant mais un processus psychologique : "la suggestion verbale".

1866 : "Du sommeil et des états analogues considérés surtout du point de vue de l'action du moral sur le physique". Dédain des milieux médicaux.

BERNHEIM

Professeur depuis 10 ans à la faculté de médecine de Nancy, assiste aux expériences de LIEBAULT en 1882.

Séduit par les résultats obtenus et a-t-on dit par le soulagement d'une sciatique personnelle rebelle, va rapidement devenir le théoricien et le chef de file de ce qu'on appellera : l'Ecole de Nancy, dont les recherches devront avoir un retentissement mondial.

Après quelques années, BERNHEIM conclut qu'il n'y a pas d'hypnotisme, qu'il n'y a que de la suggestion.

Quasi négation de l'hypnose "la vérité que l'homme reçoit le plus volontiers, c'est celle qu'il désire" (BERNHEIM cite BACON)

CHARCOT (1825- 1893)

  • Arrive à la Salpêtrière en 1862
  • oriente ses recherches vers les affections du système nerveux → oeuvre neurologique importante.

1865 : "Sclérose latérale amyotrophique" ou "Maladie de Charcot"

1868 : "La sclérose en plaques"

1868 - 1869 : " Les arthropathies du tabès "

A l'occasion d'une réorganisation des locaux de la Salpêtrière, adjonction à son service du quartier des "épileptiques simples" où sont regorgées d'authentiques malades comitiales et des hystériques empruntant leurs symptômes aux modèles convulsifs qu'elles ont sous les yeux.

En 1882 : réhabilite l'hypnose

Hypnose, fait somatique : l'état hypnotique se constate objectivement à des signes physiques et des facteurs non moins physiques agissent dans l'induction, ceci le conduit à admettre la métallothérapie : le transfert des symptômes par les aimants .

(BURQ avait constaté en 1850 qu'une somnambule, si elle touchait un bouton de porte en cuivre, tombait en catalepsie alors que rien ne se produisait si l'on relcouvrait la poignée d'un gant de peau)

1878 : CHARCOT étudie l'hypnose : engouement dans les hôpitaux parisiens pour la métallothérapie.

1882 : Communication à l'Académie des Sciences sur les divers états nerveux déterminés par l'hypnotisation chez les hystériques

Polémiques avec BERNHEIM à propos de l'assimilation abusive de l'hypnose à l'hystérie à propos des anesthésies sensitivo-sensorielles "nées de toute pièce par la suggestion médicale exploratrice".

CHARCOT accrédite l'idée d'une hystérie masculine, attire l'attention sur les manifestations de l'hystérie traumatique.

→ Officialise par son prestige l'intérêt pour la grande névrose,

→ crée pour son élève, Pierre JANET, le laboratoire de psychologie expérimentale et les quatre mois que FREUD passe dans son service (1885 - 1886) influèrent sans doute beaucoup sur le développement ultérieur de la psychanalyse.

→ Recherches sur l'hypnose commencent à décliner à la mort de CHARCOT en 1893

→ Dénigrement de la technique hypnotique accusée d'être un traitement dangereux.

→ Suggestion accusée de s'adresser à ce que la personnalité a d'automatique dans inférieur.

→ Dubois de Berne, ancien élève de BERNHEIM tient la suggestion pour immorale et dangereuse et veut lui substituer la persuasion, procédé selon lui, rationnel faisant appel à la volonté du malade.

JANET (1859- 1947)

Agrégé de philosophie.

Juin 1889 : thèse de philosophie sur "l'automatisme psychologique".

Participe au 1er congrès international de l'hypnotisme.

Novembre 1889 : commence ses études de médecine.

CHARCOT crée pour lui le laboratoire de psychologie expérimentale de la Salpêtrière.

Soutient d'abord les idées de la Salpêtrière puis finit par admettre le bien-fondé de l'école de Nancy - donc la prééminence du facteur psychologique dans l'hypnose.

1892 : L'état mental des hystériques, les accidents mentaux.
Il précise la notion du "rétrécissement du champ de la conscience" chez ces malades du fait de leur faiblesse psychologique.

1901 : analyse descriptive de l'autre grande névrose : "la psychasthénie"

Mésentente avec FREUD.

Critique sévèrement les doctrines psychanalytiques en particulier ce qui conceme la symbolique des rêves et l'origine sexuelle des névroses.

FREUD (1856- 1939)

1876 : Travaux de neurophysiologie

1885 : Bourse d'étude - se rend à Paris dans le service de CHARCOT d'octobre 85 à février 86.

1886 : Ouvre un cabinet à Vienne.

1889 : bref voyage à Paris à l'occasion du 1er congrès international de l'hypnotisme → rend visite à LIEBAULT et BERNHEIM.

1895 : Publie avec BREUER  "Les études sur l'hystérie".

FREUD applique à l'hystérie les idées de CHARCOT sur l'hystérie traumatique -> méthode thérapeutique basée sur catharsis et abréaction (reviviscence du traumatisme avec l'affect qui lui est attaché).

Abandonne l'hypnose (résistance de certains sujets, difficultés d'obtenir des transes profondes).

Elabore la technique des associations libres

→ notions de refoulement (rejet hors du champ de la conscience des pulsions interdites).
→ de transfert (relation affective du patient à la personne de l'analyste)
→ de libido (énergie des instincts sexuels) à la base des stades du développement que traverse l'enfant au cours de sa maturation (Chacune de ces étapes correspondant au primat d'une zone érogène successivement : orale - anale - phallique - génitale) déterminant un type particulier de relation objectale.
→ Le complexe d'Oedipe "ensemble des désirs amoureux et hostiles que l'enfant éprouve à l'égard de ses parents" - apparait lors de la phase phallique entre 3 et 5 ans - réactive à la puberté.

1ère topique : conscient - préconscient - inconscient.

2ème topique : en 1920 : Ca - Moi - Surmoi.

1900 : Interprétation des rêves

1904 : Psychopathologie de la vie quotidienne

1905 : Trois essais sur la théorie de la sexualité.

1912 : Totem et Tabou - Métapsychologie - Introduction à la Psychanalyse

1920 : Au-delà du principe de plaisir

Avec ses disciples et collaborateurs, en 1909, à Worcester, aux Etats-Unis.

De gauche à droite : Freud, Stanley Hall, Carl Gustav Jung.

Au second rang : Abraham Arden Brill, Ernest Jones et Sàndor Ferenczi.

1923 : le Moi et le Ca

1926 : Inhibition Symptôme - Angoisse

1927 : L'avenir d'une illusion

1930 : Malaise dans la Civilisation


JUNG (1875- 1961)

1902 : thèse "Psychologie et Pathologie des phénomènes occultes".

Rencontre FREUD en 1907, premiers malentendus en 1911 - rupture définitive en 1913

Notion d'inconscient collectif, meublé d'images archétypiques, sorte de langage symbolique universel dont l'expression se retrouve dans les mythes de tous les peuples

ADLER (1870- 1937) (Hongrie)

Minimise le rôle du refoulement dans la génèse des névroses pour insister sur l'importance du sentiment d'infériorité.

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