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De l'Antiquité à la Renaissance

Les Grecs

Malgré le caractère logique de leur philosophie et de leur médecine, les grecs de l'Antiquité ont eu recours à la religion pour demander la guérison de leurs malades. Asclépios, dieu de la médecine, avait ses temples et ses prêtres. Ce courant religieux assure sa permanence au cours des siècles et des millénaires pour ce qui concerne les maladies en général et les maladies mentales en particulier.

HIPPOCRATE (Vème siècle avant Jésus Christ) est le médecin qui a effectué la synthèse des connaissances de son temps, il est à l'origine de la "théorie humorale". Selon celle-ci, la santé est fonction de l'équilibre des humeurs (sang, bile ...). Il n'y a pas de différence entre maladies de l'esprit et maladies du corps. Les troubles des humeurs altèrent le fonctionnement du cerveau et provoquent ainsi la folie. Le médecin cherche à restaurer l'équilibre, notamment par une alimentation et des médicaments appropriés, ce qui n'exclut pas l'écoute du malade.

Au cours des siècles, plusieurs "écoles" apparaissent.

L'école dogmatique copie HIPPOCRATE, l'école empirique ne considère que l'expérience, l'école méthodiste s'oppose aux deux précédentes, l'école pneumatique cherche l'origine des maladies dans le dérangement de la circulation du "pneuma" dans le corps. La thérapeutique consiste en exercices, massages, voyages, bains, saignées, purgation, diète, herboristerie ..

Les catégories des maladies mentionnées sont de trois ordres, la phrénétis (troubles mentaux aigus + fièvre), la manie (agitation sans fièvre), la mélancolie (troubles chroniques sans agitation ni fièvre).

Les causes sont recherchées : l'hystérie est attribuée aux migrations de l'utérus délié de ses attaches dans la cavité pelvienne, le médecin préconise le mariage et les rapports sexuels afin de remettre en place l'organe migrateur.

Les Romains

1) - CELSE (1er siècle) oppose les maladies aigues aux maladies chroniques et divise chaque groupe en maladies générales ou locales.

2) - GALIEN (IIème siècle) élabore la théorie des tempéraments (sanguin, phlegmatique, colérique, mélancolique). Les maladies de l'âme sont des lésions de la sensibilité et de l'intelligence dues à une atteinte du cerveau ou d'un autre organe, transmise au cerveau par sympathie. Il rattache l'hystérie à une pollution du sang sous l'effet de la rétention d'un liquide séminal féminin, entraînant une irritation des nerfs et, de ce fait, des convulsions ..

3) - CELIUS AURELIEN (Vème siècle) apparaît comme le dernier grand médecin latin s'inscrivant dans une lignée caractérisée par l'observation et le positivisme. Il assure une synthèse des connaissances acquises par ses prédécesseurs.

4) - LE DROIT ROMAIN institue l'incapacité de I'aliéné Le "mente captus" est toujours incapable, le "furiosus" reste capable dans les intervalles de lucidité. Il existe un "curateur des fous". Les aliénés inoffensifs restent en famille. Ceux qui sont dangereux sont détenus. Quelques établissements charitables apparaissent à la fin de l'Empire.

Les Hébreux

Les hébreux apportent une conception religieuse monothéiste, s'inscrivant en faux contre le polythéisme et la magie. La maladie est pour eux la punition des péchés, et les prêtres apparaissent comme des guérisseurs.

Bible. Deut. 28.28 "Yahvé te frappera de délire, d'aveuglement et d'égarement des sens, au point que tu iras à tâtons en plein midi comme l'aveugle va à tâtons dans les ténèbres, et tes démarches n'aboutiront pas".

La musicothérapie apparaît parmi les traitements : David joue de la harpe à Saül agité. Les rêves font l'objet d'interprétations. Le Christ guérit les "possédés".

Les Hébreux se teintent de culture grecque au cours des siècles ; ils en assurent le maintien et la transmission aux Arabes.

Les Arabes

Leur apport consiste aussi bien dans la transmission des connaissances acquises par l'antiquité grecque que dans la systématisation dans la description des pathologies.

Citons :

ISHAQ IBN'IMRAN (Xème siècle), auteur d'un ouvrage consacré à la "Mélancolie",

IBN.SINA (Avicenne - XIème siècle),

IBN.RUSHD (Averroës - XlIème siècle),

Les médecins arabes se préoccupent des causes ; l'inflammation du cerveau, le mélange des biles sont retenus comme explication. Les concepts anciens (phrénésie, manie, mélancolie ...) sont repris, décrits, complétés.

C'est par la traduction des oeuvres des médecins arabes que le Moyen Age chrétien entre en contact avec la médecine grecque. Les Croisades et les guerres avec les Arabes y contribuent.

Le Moyen-Âge

Pendant tout le Moyen-Âge chrétien et même depuis, une perception religieuse des maladies mentales, en rapport avec les mentalités populaires, va coexister avec une conception proprement médicale.

La première explique les troubles mentaux par une possession démoniaque, une manifestation du péché, de l'hérésie et envoie au bûcher, la seconde s'inscrit en opposition.

C'est l'opinion commune de la foule et de certains théologiens que de dire des mélancoliques et des maniaques qu'ils ont le diable dans le corps, ce que souvent les malades croient eux-mêmes et proclament. Ceux qui se fient à ces idées vulgaires ne recherchent pas, pour le soin de leur maladie, l'aide des médecins, mais celle des saints réputés avoir reçu de Dieu le pouvoir de chasser les démons" (Jacques DESPARS - 1380- 1458).

Le Moyen-Âge organise l'incapacité civile du malade mental, mais oblige sa famille, si cela est possible, à en assurer la garde, le malade est parfois incarcéré dans les donjons : le fou étranger est expulsé. Le malade mental se retrouve aussi, comme les pauvres et les autres malades, dans les Hôtels Dieu. Les hôpitaux commencent à réserver aux fous des salles spéciales.

L'espoir du miracle fait organiser les pélerinages spécialisés. En Bretagne, St Méen et St Colomban (Locminé) guérissent les fous moyennant une neuvaine (neuf jours de dévotions). En Flandre, l'accueil des malades mentaux dans les familles de Gheel a une origine semblable.

La Renaissance

Prolongation du Moyen-Âge pour la médecine, la Renaissance est cependant l'époque des guerres et de l'urbanisation, à l'origine du vagabondage et de la mendicité qui vont marquer l'époque suivante. Elle est aussi la période où apparaissent quelques grands médecins humanistes, Jean WIER (1515- 1588) qui s'insurge contre la pratique du bûcher appliquée aux Fous, et Juan VIVES (1492-1540).

"Estant doncques amené en l'hospital, un homme, d'esprit esmeu et remué, il faut regarder au commencement si cette enragerie ou maladie d'hors du sens est naturelle; ou si par accident elle serait advenue, s'il y a espoir de santé ou de guérison .... les uns ont besoin de calmants et d'un régime, les autres doivent être traités avec bienveillance afin d'être apprivoisés peu à peu comme des bêtes sauvages, d'autres ont besoin d'être éduqués, il en est pour lesquels l'enfermement et les chaînes sont nécessaires, mais on doit en faire usage de telle sorte qu'ils n'en soient pas effarouchés davantage, dans la mesure du possible, il faut introduire dans leurs esprits la tranquillité, point de départ d'un retour facile du jugement et de la raison".

Saint Jean-de-Dieu (1495-1550) mérite d'être cité pour son oeuvre hospitalière, mais aussi parce qu'il est considéré comme le saint-patron des hôpitaux psychiatriques.

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