Vous êtes ici : Accueil Articles de presse 16/03/2005 - Psychiatrie : "il y a urgence à réagir"

16/03/2005 - Psychiatrie : "il y a urgence à réagir"

Le Télégramme - 16/03/2005

Dans le cadre de la semaine d'information sur la santé mentale, le centre hospitalier Charcot organisait, hier, une conférence-débat pour présenter la psychiatrie de secteur public. Rencontre avec le Dr Houang, chef de service à Charcot.

Souvent on réduit la psychiatrie publique à la stricte notion d'enfermement. Qu'en est-il vraiment ?

La psychiatrie n'est pas synonyme d'enfermement, c'est faux. Le pilier de la psychiatrie publique c'est le centre médico-psychologique (CMP), lieu de prévention et de soin. Accueil, consultations, les patients sont reçus par un médecin avant qu'on leur propose des soins appropriés. Quelquefois, effectivement, nous avons recours à l'hospitalisation. Mais attention, hospitalisation n'est pas synonyme d'enfermement. Il faut savoir que 80 % de nos patients pris en charge ne connaissent pas l'hospitalisation complète. Quelle qu'elle soit, l'hospitalisation permet de faire face à des situations complexes.

Hélas, de plus en plus souvent, les patients vont directement aux urgences.

C'est pour cela que vous avez créé, au centre hospitalier de Bodélio, une unité  médico-psychologique ?

Effectivement, nous avons été les premiers en France à créer cette unité, car beaucoup de patients venaient aux urgences après des tentatives de suicide. C'est pour éviter les récidives que nous avons mis en place ce dispositif. Sans parier des gens qui venaient aux urgences après des crises d'angoisse. Tous les jours, un médecin et un infirmier psychiatre sont affectés aux urgences, la nuit, un médecin est d'astreinte.

Depuis 1972, les départements sont découpés en secteurs psychiatriques. Pourquoi ?

C'est une chance énorme pour la France d'avoir cette politique de sectorisation. Elle permet de proposer des soins de proximité. Il y a une trentaine d'années, la psychiatrie se résumait à l'hospitalisation, aujourd'hui il est important de proposer toute une palette de soins.

Estimez-vous que le territoire de Lorient est bien couvert ?

On trouve toujours que ce n'est jamais assez, d'autant que les moyens sont insuffisants. Concrètement, pour renforcer les centres médico-psychologiques on doit fermer ou réduire notre capacité d'hospitalisation, or c'est un secteur où nous sommes de plus en plus sollicités. Si nous avions des CMP renforcés, certains patients pourraient ne pas connaître l'hospitalisation. Faute de moyens, nous sommes rentrés dans un système pernicieux. Ces dernières années, la psychiatrie a vu ses budgets se réduire de façon considérable et ce n'est pas le plan présenté par Philippe Douste-Blazy, qui est un effet d'annonce, qui va changer les choses. Il y a urgence à réagir.

Quelles réponses apportez-vous pour la prise en charge des personnes en situation de précarité ?

Le problème c'est qu'il n'y a pas une réponse. Il faut avant tout travailler en réseau avec les assistantes sociales, les Missions locales. Comme il s'agit d'une population qui est marginalisée, elle ne vient pas nous consulter. C'est à nous d'aller au devant d'elle. Encore une fois, les moyens ne sont pas suffisants. Depuis quatre-cinq ans, nous tentons de mettre en place une équipe mobile composée d'un infirmier et d'un travailleur social. Mais, faute de moyens financiers, le projet n'a pas encore vu le jour.

Propos recueillis par Laurent Marc

Informations diverses

EPSM J.M. Charcot - Le Trescoët - BP 47
56854 CAUDAN Cedex
Tél : 02.97.02.39.39

Plan du site

Mentions légales

Copyright © EPSM Jean-Martin CHARCOT - Morbihan (56) 2017