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15/01/2005 - La psychiatrie : l'oublié de la santé

Ouest-France - 15/01/2005

Vendredi matin, au moment des vœux à l'hôpital psychiatrique Charcot de Caudan, on a eu confirmation de ce qu'on entendait depuis longtemps. Un cruel manque de moyens financiers et humains plombe les possibilités d'aider au mieux les patients, pourtant en nette augmentation. En 2004, 9000 patients ont été pris en charge par l'hôpital Charcot et ses antennes. Or, malgré ce nombre en augmentation, les moyens n'ont pas suivi. D'un discours à l'autre, on a pu constater que la psychiatrie publique était en danger. La directrice, Marie-Christine Corbel a reconnu : « En psychiatrie, la prise en charge repose avant tout sur les personnels hospitaliers médicaux et non médicaux. » Philippe Houang, président de la commission médicale d'établissement a encore été plus précis. « Des projets d'ouverture de centres médicaux psychologiques (à Bois-du-Château, à Hennebont) sont prévus. Mais là encore tout va dépendre des moyens. On dénombre actuellement trois ou quatre infirmiers seulement, pour un pavillon de 25 hébergeant 25 patients. La violence augmente dans ces structures. »

Taux de suicides supérieur en Bretagne

Les activités alternatives, l'écoute, les aides à la réinsertion sont réduites comme peau de chagrin, faute de budget. « En Bretagne pourtant, nous le savons tous, les taux de suicide sont de 64 % supérieurs au taux national. Malgré tout, dans ce contexte difficile, nous tentons d'améliorer la prise en charge des enfants et des adolescents. Et celle des personnes âgées, avec un hôpital de jour qui leur est spécifique. » En résumé, tout le monde fait ce qu'il peut, mais on sentait hier planer sur la cérémonie de vœux une profonde lassitude des personnels. « Pour que tous les postes soient pourvus, a calculé le Dr Houang, il faudrait 390 000 € de plus. Mais en 5 ans, notre budget a été réduit de 8 % »

Les syndicats n'ont pas dit autre chose. CGT, SUD et Unsa ont fini par obtenir un temps de parole à l'issue des vœux. Ils ont à la fois dénoncé leurs conditions de travail et leur baisse de pouvoir d'achat. « Nous ne voulons pas être les boucs émissaires d'une psychiatrie abandonnée en France. Et nous ne supportons plus qu'on nous culpabilise. »

Dans ce contexte, Pierrick Nevannen, président de Charcot a bien dû admettre : « En tant qu'élu, je suis préoccupé, confronté aux attentes de la population alors que les moyens attribués non seulement n'augmentent pas mais ils diminuent. La psychiatrie est parfois trop souvent oubliée dans les arbitrages budgétaires. » Il attend beaucoup des nouvelles lois qui prévoient une enveloppe nationale spécifique pour la psychiatrie et du plan santé mentale annoncé pour cette année par le ministre Philippe Douste-Blazy.

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