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23/12/2004 - Hommage de Charcot à l'hôpital de Pau

Ouest-France - 23/12/2004

Le drame de l'hôpital de Pau a un écho considérable dans les hôpitaux psychiatriques de France. Hier, sur l'impulsion des délégués CGT, les personnels et même des patients se sont réunis pour échanger sur le drame et évoquer les conditions locales de travail.

« Je suis ici depuis peu de temps, interpelle une infirmière, mais je m'étonne qu'à Charcot les pavillons sont loin de leur clinique. En cas d'agression, l'attente est très longue et les collègues du pavillon d'à côté n'ont pas les clés, donc ils ne peuvent pas venir nous aider. » L'infirmière s'excuse de soulever un point de détail. Et pourtant, hier mercredi, les personnels, infirmiers, psychiatres en rendant hommage aux deux infirmières de l'hôpital de Pau, voulaient aussi évoquer leurs conditions de travail. Le drame sanglant de Pau connaît un écho retentissant. Selon les derniers éléments de l'enquête, l'agresseur ne semble pas être un patient. Mais l'émotion est grande. L'an dernier, et encore l'année d'avant, un hôpital psychiatrique de France a été touché par la mort d'un médecin et une infirmière tués par un patient. Des drames qui n'avaient pas suscité tant de réactions.

50 agressions en 2003

« A Charcot, entre 2000 et 2003, nous sommes passés de neuf agressions, déclarées à la direction, à 50 en 2003 ! » Le chiffre de 2004 n'est pas publié. L'augmentation est énorme. Patricia Quellec, de la CGT poursuit : « Des agressions physiques. Le rapport mentionne des blessures au visage, aux membres inférieurs, supérieurs. Quand on essaie de contenir un malade, on prend des coups... » Plus largement, le personnel de Charcot voit dans ce drame, la conséquence de manque de médecins en ville. « On connaît le cas d'une jeune fille, en échec scolaire, qui va mal, elle a besoin d'un psychiatre, le délai d'attente est de six mois, illustre Patricia Quellec. Elle va devenir violente, contre les autres ou contre elle-même. » On estime à 700 le nombre de postes non pourvus en psychiatrie.

Lors des voeux en janvier dernier, la directrice de l'hôpital de Charcot, Marie-Christine Corbel annonçait que le contrat d'objectifs et de moyens 2003-2007 signé avec l'Agence régionale d'hospitalisation « n'était pas satisfaisant. Il ne prévoit pas de moyens supplémentaires de fonctionnement. » Et l'un des membres du personnel a résumé hier : « Notre plateau technique ce sont des moyens humains. » Sans ces moyens, la durée de séjour diminue, il faut libérer les lits pour d'autres malades. « En moyenne, pour une tentative de suicide, nous accueillons le malade cinq jours, que peut-on faire en cinq jours ? »

Delphine LANDAY

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