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02/12/2004 - Une psychiatrie pour les catastrophes

Ouest-France- 02/12/2004

Un crash, un suicide dans un collège, une tempête... Autant de catastrophes qui laissent des séquelles chez les personnes ayant vécu la scène. Pour prévenir les complications post-traumatiques, une cellule d'urgence composée de spécialistes existe dans chaque département.
Exemple dans le Morbihan.

On appelle ça de la "psychiatrie de catastrophe". Les cellules d'urgences médico-psychologiques (CUMP) ont été créées après les attentats de Paris dans les années 90. Tous les départements en sont aujourd'hui dotés.

Dans le Morbihan, la CUMP a vu le jour au moment du crash de Quiberon, en juillet 1998. Un drame qui avait touché de nombreuses familles. Un peu plus tard, au moment des inondations de 2001, la cellule avait encore été mobilisée. " Quand on est passé à deux doigts de la mort, c'est une expérience dont on a du mal à se remettre ", explique le DrJean-Yves Gauthier, responsable de la CUMP 56.

Simulation de crash


La cellule morbihannaise compte une trentaine d'urgentistes volontaires.

Un réseau composé de médecins psychiatres, assistés de psychologues et infirmiers formés à la prise en charge du traumatisme psychique. Ils sont prêts à intervenir lors de catastrophes ou d'accidents collectifs auprès des victimes, mais aussi auprès des sauveteurs intervenant dans le cadre des services de secours d'urgence (équipes Samu, pompiers, secouristes, police). "On prépare nos équipes en organisant des sessions de formation. Récemment, nous étions à l'aéroport de Lan-Bihoué pour simuler un crash d'avion. Tout un scénario avait été élaboré sous l'autorité du préfet.."

En situation de catastrophe, le CUMP 56 tente de repérer les sujets à risque et intervient rapidement auprès d'eux. A titre d'exemple, la rave-party du Faouët, en juillet dernier. " Une échauffourée avait éclaté entre CRS et participants, raconte Jean-Yves Gauthier. On dénombrait beaucoup de blessés. Sur place, il nous a fallu rassurer la population alentour qui, d'un coup, voyait son univers se transformer en champ de bataille. En leur faisant mettre des mots sur ce qu'ils vivent, on évite les risques de complications psychologiques.

"Recoller les morceaux"

Le debriefing est bien souvent un outil thérapeutique utilisé par les médecins de la cellule. il y a quelques mois, un désespéré s'immolait par le feu dans le hall d'accueil de la mairie de Lorient. Un drame qu'ont vécu, en direct, bon nombre d'employés municipaux. Marie-Christine, employée à la mairie de Lorient, peut en témoigner. Retranchée dans son bureau cerné par la fumée, elle était témoin de la tragédie. "On était à des endroits différents lorsque ça s'est passé. Chacun a eu sa propre vision des choses. La thérapie de groupe, quinze jours après les faits, leur a permis de "recoller les morceaux". Il fallait éviter que les événements "ne ressurgissent un jour par des voies plus violentes", indique le Dr Gauthier. Un travail qui a payé. " Un an après, plus personne ne parle du drame", conclut Marie-Christine.

Quelles sont les limites d'intervention de la cellule d'urgence? " Un accident de voiture avec un mort, ça peut être considéré comme une catastrophe ", répond le Dr Gauthier. Il émet cependant une réserve: " Dans certains départements, les cellules interviennent aussi pour des licenciements massifs dans une entreprise. Je trouve ça dommage de victimiser des gens qui n'ont peut-être pas envie de l'être."

Arnaud WAJDZIK.

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