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01/10/2004 - La maltraitance peut être active ou passive

Mensuel Infos n° 134 - décembre 2004

Article paru dans le magazine d'information «Reflets» de la Ville de Lanester (n°138 - oct 04)
à l'occasion de la semaine bleue notamment consacrée à la «Maltraitance des personnes âgées».

Qu'entend-t-on par maltraitance des personnes âgées ?

Le terme de maltraitance regroupe à la fois des actes de violence physique ou morale (ou les deux) à l'égard du sujet âgé. Cette violence peut être soit directe, soit contenue. Et elle ne concerne pas que les personnes vivant en institution (maison de retraite ou foyer-logements), même si la maltraitance de la part du personnel existe bel et bien. N'oublions pas que 80 % des plus de 65 ans vivent à domicile, avec pour certains, des soutiens du type aide-ménagère ou portage à domicile. La maltraitance à domicile d'origine familiale existe, elle aussi. Et il ne s'agit pas forcément d'une maltraitance active. Elle est bien souvent passive, et prend alors la forme de négligence.

Comment expliquer cette maltraitance ?

Les origines de la maltraitance sont diverses. Une personne âgée qui devient dépendante, c'est une personne qui a perdu quelque chose. Cette perte-là peut avoir pour conséquence d'inquiéter l'entourage qui n'acceptant pas le retour à l'infantilité de l'aîné, s'en trouve alors angoissé, et tente d'interpréter au premier degré les exigences et comportements de la personne âgée. Quand des bêtises sont faites, que le ménage n'est pas fait ou que la personne a fugué, c'est souvent interprété par les proches comme un caprice qu'il faut punir et réprimer. La maltraitance peut alors prendre la forme de reproches verbaux, d'enfermement prolongé, et à l'extrême, de coups. Elle est souvent la conséquence d'un déni de la perte d'autonomie.

Que faire pour éviter cette maltraitance ?

Plutôt que de laisser l'escalade s'instaurer, notre rôle à nous, médecins, c'est de faire le bilan d'une situation, d'accompagner la personne âgée et sa famille. L'information est primordiale. La perte d'autonomie n'est pas un cas isolé mais une situation vécue par de nombreuses personnes. Il faut consulter le médecin de famille, et s'orienter ensuite vers un psychiatre, au centre Ti Ar Vro de Lanester par exemple. Un placement en institution pourra alors être envisagé si le maintien à domicile n'est vraiment plus possible. Ce sera alors l'une des étapes les plus difficiles à vivre dans la vie de la personne âgée. C'est en effet l'un des moments les plus suicidogènes. C'est aussi très dur à vivre pour la famille, le placement étant très culpabilisant. Concernant la maltraitance en institution, de nombreux progrès sont à faire pour la prévenir. Il faut réévaluer la charge de travail du personnel, bien souvent dépassé par les exigences des résidents. Il devient aussi nécessaire de revoir sa qualification et sa formation. Pour accompagner un malade d'Alzheimer, il faut connaître la maladie.

Dr Daumer, médecin-chef de secteur

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