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07/09/2004 - Témoignage

Article paru dans la «lettre de l'UNAFAM 56» n° 7 - septembre 2004

Parmi les diverses prestations qu'offre l'hôpital public aux personnes hospitalisées, il y a celle de l'aumônier catholique.

Lorsque j'ai été nommé à Charcot il y a quatre ans, je me posais bien des questions sur mon rôle dans l'établissement. Lors de ma première rencontre avec les responsables de l'hôpital, j'ai demandé ce qu'on attendait de l'aumônier. La réponse fut la suivante : " Monsieur l'aumônier, nous attendons de vous une grande disponibilité ". Sur le coup, je suis resté perplexe mais aujourd'hui avec le recul, je comprends mieux quelle est ma place. C'est une place originale qu'il n'est pas facile de définir en quelques mots.

Je passe beaucoup de temps à écouter ce qu'ils ont envie de me dire, cela peut avoir un lien avec la religion mais pas toujours. Je suis étonné de la confiance que spontanément ils accordent à l'aumônier. " Je sais que ce que je vais vous dire, vous ne le répéterez pas ". C'est une phrase que j'ai entendue bien des fois. Je me dois de ne pas décevoir cette confiance et de respecter toute cette souffrance exprimée. Je ne me contente pas d'attendre à ma permanence qu'on vienne me voir. Appelé ou non, je passe régulièrement dans chaque pavillon. Je dis bonjour aux personnes qui sont là, je me présente, tout en étant très discret, il ne s'agit pas de faire du racolage. Ces passages discrets sont, pour l'un ou l'autre, l'occasion de solliciter un entretien ; " si vous n'étiez pas passé, je n'aurais pas osé demander à voir l'aumônier, je suis content de vous rencontrer, j'avais besoin de parler à un prêtre ".

 

Je passe aussi régulièrement à la cafétéria, c'est l'occasion de rencontrer des familles. Il m'arrive aussi assez souvent d'accompagner des malades qui souhaitent aller à la chapelle pour se recueillir, prier ou tout simplement pour la visiter. Quand il y a un décès à l'hôpital, ou dans la famille des personnes hospitalisées, on fait appel à moi pour les aider à faire le deuil d'un copain, d'un parent. Je n'oublie pas que les personnes hospitalisées sont d'abord là pour se soigner, qu'elles sont souvent fragiles, influençables.

Je me dois d'écouter avec respect mais je n'ai pas le droit de dire et de faire n'importe quoi. J'évite de laisser croire par exemple que la foi en Dieu ou la prière vont rendre inutile toute prise de médicaments. Je me rappelle cette réflexion d'un malade qui venait régulièrement à la messe et qui me disait : " Monsieur l'aumônier, l'hostie me fait plus de bien que les médicaments " je lui ai rappelé combien c'était important de suivre son traitement.

Pour conclure, je dirais qu'on attend de l'aumônier, de la disponibilité, de la discrétion et beaucoup de cœur.

Jean Claude VALY
Aumônier du CH Charcot

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