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15/11/2002 - Interview : Philippe Houang, psychiatre pour enfants et adolescents

Le Télégramme - 15/11/2002

Un rapport remis hier au ministre de la Culture propose l'interdiction de tout programme violent à la télévision entre 7 h et 22 h 30 et la mise en place d'un double cryptage pour mettre la pornographie hors de la portée des enfants. Les auteurs établissent un diagnostic clair de l'impact des images violentes sur les plus jeunes téléspectateurs. Pour Philippe Houang, pédopsychiatre au centre hospitalier Charcot de Caudan (56), « la solution passe par une sensibilisation des parents ».

Philippe Houang est psychiatre pour enfants et adolescents au centre hospitalier Charcot, à Caudan (56). Pour lui, la violence est omniprésente sur les chaînes, certes, mais il ne faut pas faire de la télévision un bouc émissaire tout désigné.

Interview.

On montre du doigt la violence à la télévision, qu'en pensez-vous ?
Effectivement, il y a énormément de violence à la télé mais je pense que ce n'est que le reflet de notre société...
Nous vivons dans une société où l'on ne se fait pas de cadeau, c'est le règne de l'argent et la devise c'est un peu « marche ou crève »... La télévision, c'est la vitrine de notre quotidien.

Certains experts n'hésitent pas à parler de « maltraitance audiovisuelle »...
Ils ont raison. On voit souvent des films racoleurs où les scènes de violence se succèdent gratuitement, pour maintenir un soi-disant rythme. La trame de l'histoire devient quasi inexistante. Là, il y a maltraitance audiovisuelle du réalisateur. C'est différent lorsque les scènes violentes s'inscrivent dans une histoire bien définie, qui tient la route. Cette violence est moins traumatique puisqu'elle est compréhensible, même par un enfant.

Quelles peuvent être les conséquences de cette violence sur des enfants ?
Il peut y avoir des conséquences aux degrés divers, comme il peut très bien ne pas y en avoir ! Cela dépend du caractère de l'enfant, de son éducation mais aussi du contexte familial. Par exemple, un ado en souffrance, qui a une mauvaise image de lui, peut très bien s'identifier à un héros de film, ou d'actualité, qui a des pulsions destructrices. On a vu, il y a peu, un jeune reproduire une scène du film « Scream »...
A contrario, un jeune qui voit ce type de film accompagné d'un adulte, peut très bien le vivre s'il y a dialogue entre parent et enfant.  

Bien souvent, les enfants regardent seuls la télévision. Sont-ils aptes à faire la part des choses ?
Pas toujours. Il faut qu'un adulte leur décrypte les images et la violence. Un enfant livré à lui-même devant une télé peut en souffrir. Cela peut provoquer chez lui de l'agressivité ou banaliser la violence. Chez d'autres enfants, cela va entraîner un repli, une inhibition ou encore développer l'angoisse et les craintes.  

Que faudrait-il faire pour gérer la violence audiovisuelle ?

Pour moi, la solution passe par une sensibilisation des parents. Ils doivent comprendre que leur présence est indispensable lorsque l'enfant ou l'ado regarde la télé. Il faut qu'il y ait communication. Maintenant, je refuse de faire de la télé un bouc émissaire et je ne crois pas que l'édulcorer résoudra les problèmes. En résumé, plus de censure : non. Par contre, plus d'éthique à la tête des chaînes de télé, oui.

Propos recueillis par Gaël Le Saout

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