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29/05/2002 - Délinquance routière : l'analyse d'une psy

Le Télégramme - 29/05/2002

En 2001, les conduites en état d'alcoolémie représentaient 50 % de la totalité des jugements rendus par le tribunal correctionnel de Lorient. Une psychologue du centre pénitentiaire de Ploemeur explique que, si la peine de prison est nécessaire, elle n'apporte pas toujours de réponse suffisante à des problèmes souvent enracinés ailleurs

Les dossiers conséquents aux seules conduites en état d'ébriété représentaient 599 jugements, sur le millier rendu par le tribunal correctionnel l'an dernier. Ces statistiques ne prennent pas en compte les « simples » excès de vitesse et autres infractions relevant du tribunal de police (amendes), non plus que les actes plus graves, dits de « violence routière », allant jusqu'à l'homicide involontaire.

Psychologue du centre hospitalier spécialisé intervenant au centre pénitentiaire de Ploemeur, Karine Charbonneau élargit également son analyse à tous les petits gestes et actes d'incivilité qui marquent de plus en plus fréquemment le monde de la route.

« Manque de responsabilité »

« Globalement, les infractions au code de la route sont liées à une non-responsabilisation de leur auteur. En ce sens, la peine de prison est un moyen de mettre le sujet devant ses responsabilités », explique la psychologue clinicienne, considérant que la quasi-totalité des infractions au code de la route révèle une « violence routière ».

Banalisation

Au regard du travail effectué derrière les barreaux, la spécialiste identifie deux types de réactions. « La plus fréquente, c'est le déni des faits qui prend la forme d'une banalisation : du genre c'est la faute à pas de chance ».
Selon la thérapeute, cette attitude traduit, soit une irresponsabilité générale de l'auteur qui n'a fait que s'exprimer dans ces circonstances-là; soit un mécanisme d'autodéfense, « un processus psychologique : comme si la personne s'obligeait à ne pas prendre conscience de ce qu'elle a fait parce que c'est grave ».
« Il y a aussi, la réaction inverse : ceux qui, prenant toute la mesure de ce qu'ils ont fait, entrent dans un système de culpabilité et tombent dans un mécanisme dépressif : ici, la prison offre le moyen de s'amender ».

Affirmer son identité

Poursuivant son raisonnement, la spécialiste établit deux types de comportements. « Il y a tous ceux qui correspondent à une mise en danger de soi, comme un moyen permettant d'affirmer son identité. C'est souvent typique des adolescents ».
A côté il y a toutes les conduites que la thérapeute lie à des « faits culturels », tels que la banalisation de l'alcool : « Je parle de tous ces comportements qui sont avant tout une question d'éducation ».

Nouvelle mission

« C'est sans doute ici qu'il conviendrait d'ajouter des mesures éducatives aux peines de prison. A Ploemeur, le choix est porté sur les chantiers extérieurs. Il me paraît évident que ces mesures sont appelées à se développer. L'idée est d'ailleurs inscrite dans les nouvelles missions des prisons : amender et réinsérer ».  

Olivier Scaglia

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