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20/02/2001 - Un atelier de peinture pour diluer la différence

Le Télégramme - 20/02/2001

CAUDAN. Dans le service « Guy-Grosse » de l’hôpital psychiatrique Charcot, des patients s’adonnent régulièrement à la peinture artistique, aux côtés d’un professionnel. Un atelier pour diluer la différence.

« Pourquoi as-tu mis du jaune, là ? Parce que c’est beau ! » Sur la grande toile les pinceaux interviennent par touches calculées et précises. Un calme apaisant baigne la petite salle du pavillon 35, transformée en atelier de peinture comme tous les jeudis après-midi ou le lundi, une fois par mois.

« La peinture, c’est un moyen de mettre les patients face à des difficultés qu’ils peuvent dépasser. C’est un support qui sert leur valorisation », explique Josiane Fouchard, cadre infirmier à Charcot depuis 1973, elle-même passionné par cet art plastique. Elle est de ceux qui ont impulsé des pratiques artistiques à l’hôpital, il y a déjà longtemps : « Les activités étaient trop tournées vers l’ergothérapie classique ou le sport. Il n’y avait pas assez de place pour l’expression individuelle ».

Ouvertures

Debout un coin de la salle, Daniel Goudier observe discrètement le mouvement de pinceau d’une patiente : « Je suis là pour aider la mécanique. Je suis le technicien de la séance. Rien de plus ». « Une personne en souffrance psychique doit d’abord franchir une double barrière construite à partir du sentiment d’incompétence, très fréquent, et du modèle socioculturel de malade mental », écrit le Dr Andrianomanana, médecin-chef dans le service Guy-Grosse. Daniel Goudier précise : « Cette collaboration m’oblige à concrétiser mes idées, à travailler sur moi ». « Par sa présence régulière et durable, par ses conseils et remarques ou par son statut, ce peintre est la vivante illustration d’une société capable de s’ouvrir à la différence ».

Média alternatif, la peinture offre évidemment un autre moyen de lecture des patients : « L’atelier est aussi un lieu d’observation pour le soignant. Nous ne sommes pas des experts, notre pratique reste très empirique, mais quand un patient vient régulièrement, on lit très clairement dans sa peinture son état, son évolution ». Pas difficile de comprendre que l’atelier de peinture est un lieu où des relations différentes peuvent être inventées entre soignés et soignants.

Exposition

Valorisation de soi, rapport aux autres, modification du regard porté sur la folie : on comprend facilement que l’atelier de peinture soit prolongé par une exposition. Pour casser un peu plus les idées reçues, c’est dans un... restaurant (*) qu’une trentaine de toiles réalisées par des patients sont exposées. L’inauguration officielle de l’expo est programmée jeudi soir, en présence des auteurs.

(*) A l’Italic, 6 rue Rochambeau.

Informations diverses

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56854 CAUDAN Cedex
Tél : 02.97.02.39.39

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